25.06.2007

PARIS gagné pour le Nouveau Centre

8b5084878f1728c15065afb2d787dd62.jpgAu lendemain de l'élection présidentielle, afin de perpétuer notre existence au sein de la vie politique française et rassembler des élus sortants attachés à leurs sièges, leurs indemnités parlementaires, résolus à mettre en œuvre concrètement le message à-plat-ventriste, nous avons créé le Nouveau Centre. Nous pensions que nous devions agir et non attendre l'élection présidentielle de 2012... Il  faut bien vivre… Notre devoir et notre responsabilité étaient de prendre notre part à l'œuvre de rénovation nationale voulue par Francois Nicolas Sarkozy.

Les résultats des élections législatives montrent que nous avons gagné notre place à Paris. Indépendants politiquement et financièrement, nous aurons les moyens d'attendre au cours des cinq prochaines années, bien au chaud à l'intérieur de l'hémicycle. Il ne s'agit pourtant pas de généraliser les 35 heures hebdomadaires de sieste santiniesque durant la nouvelle législature. Nous aurons une démarche oecuménique active pour rassembler les morceaux éparpillés des chapelles centristes…nous accueillerons tous les frères égarés qui fuiront l'hérésie orange pour rejoindre (la rue de) Varennes, siège provisoire de notre (re)nonciature.
Nous ne sommes pas - comme voudraient le faire croire certains - ralliés à l'UMP. Nous n'avons rien signé. Nous sommes allés chez le président de l'UMP de la République, pour élargir sa victoire base électorale. Plusieurs points importants pour les députés de l'UDF ont été ajouté au projet présidentiel : l'impartialité de l'Etat, l'introduction d'une dose de proportionnelle au sénat, la relance de l'Europe (a minima) , le smelly business act pour Issy-les-Moulineaux, la lutte contre la dette ou l'équilibre du budget de fonctionnement. Cela prouve que nos propositions ont été prises en compte- malgré ce que disent certains.
Pendant cinq ans, nous avons dit qu'on peut être différent et travailler ensemble, sans se renier. Nous avons dit que la grave situation de la France nécessite d'engager une démarche politique nouvelle... Nous avons dit ab hoc et ab hac que les grands sujets ne peuvent être traités dans le cadre étroit du clivage droite-gauche... Mais bon, nous avons dit beaucoup de choses...
Quand une idée est bonne, elle le reste même quand c'est un autre qui nous la ré-explique, surtout si c'est le nouveau président de la République. Par-delà les clivages, Nicolas Sarkozy démontre sa capacité à faire travailler ensemble la carpe, le lapin et Christine Boutin. C'est un vrai chef qui sait accommoder les ingrédients personnalités. Nous l'avons rencontré chez lui à l'heure de l'ouverture, que nous n'avions cessé de réclamer, et nous l'avons rejoint de notre propre volonté (personne ne nous a forcé) dans une démarche réconciliatrice... Nous lui avons tendu la main... il l'a saisie et ne la lâchera plus.
L'existence d'un à-plat-ventrisme " pur ", à l'opportunisme absolu, proclamant son allégeance comme une vertu, n'a de sens et d'avenir que si il a la capacité de rejoindre le nouveau pouvoir en promettant de faire preuve à l'avenir d'une extrême modération dans la critique. Et la vocation du Nouveau Centre libre, c'est en effet la capacité de ne pas contrarier. Au corollaire de la liberté, il n'y aurait eu que la solitude de nos mairies d'Issy, d'ailleurs, du Loir-et-Cher ou de l'Eure; mais 2008 c'est déjà demain,  aussi avons-nous développé la capacité de ne pas contrarier. Et nous avons aujourd'hui trois ministres… qui ne seront pas contrariants.
L'élection présidentielle, puis les élections législatives ont montré que les Français ont ignoré notre existence au sein de la majorité présidentielle ou la fausse ambiguïté de nos stratégies de ralliement. Cela nous convient, car l'histoire de nos institutions montre que l'à-plat-ventrisme ne peut exister que dans la dissimulation totale de nos vraies convictions. De même qu'au Moyen Age, au temps des cathédrales, les serfs étaient assujettis par leurs seigneurs à la taille et à la corvée, les à-plat-ventristes doivent aujourd'hui se soumettre aux contraintes institutionnelles et aux réalités politiques... au moins pour les cinq années qui viennent... 

 

La version définitive de cette tribune n'est pas encore en ligne sur le site de La Croix